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Deuil



INTRODUCTION

Le deuil représente la perte définitive d’un être vivant auquel on était attaché. Il engendre une douleur qui est, sauf cas particulier, considérée comme un état normal et non pathologique. Attention le deuil n’est pas la mort. Aussi étrange que cela puisse être, pour être endeuillé, il faut être en vie.

La manière de faire son deuil est dépendante de la culture, de la religion et de la représentation que l’on se fait de la mort.
Par exemple, chez les bouddhistes durant les 49 jours suivants le décès, les endeuillés vont prier pour la réincarnation du défunt. Ils agissent pour lui donner une autre vie. Ils considèrent que les vies se succèdent jusqu’à ce que l’être atteigne le stade de la libération. Ils ont une conception prononcée de l’existence de choses éphémères sur Terre.
Lors d’un décès ils ne montrent aucun chagrin, aucune tristesse ou colère.
Alors que, chez les chrétiens, une cérémonie d’adieu est organisée durant laquelle chacun peut contribuer en rendant un hommage (lecture de textes, poèmes, histoires sur le défunt,…). La vie est considérée comme éternelle et continue. Elle est en quelque sorte plus forte que la mort. Le deuil se fait dans une forme de réserve, on en parle peu.
On voit bien avec ces 2 exemples que chacun a sa représentation du deuil.

Les symptômes du deuil

La psychiatre Kübler-Ross a observé 5 phases par lesquelles chaque endeuillé passe : le déni, la colère, le marchandage, la phase dépressive réactionnelle et la phase d’acceptation. En moyenne, un deuil dure 1 an. Mais ce chiffre n’est pas à prendre avec rigueur. En effet, chaque individu vit le deuil à sa façon et à son rythme. Il est à noter que chaque endeuillé ne vit pas forcément toutes ces étapes du deuil, l’important est qu’au fil du temps les symptômes disparaissent.
Cependant, chez certaines personnes, les symptômes durent trop longtemps et/ou sont d’une intensité qui ne permet pas à la personne de réinvestir sa vie. C’est ce qu’on appelle un deuil compliqué ou prolongé. Il y a 3 difficultés prédominantes dans ce type de deuil : l’intensité anormale de douleur que les souvenirs provoquent, les pensées négatives et les comportements néfastes mis en place. Attention, il faut bien distinguer un deuil d’une dépression.
Voici quelques chiffres : 3,7% de la population générale en Allemagne souffre de deuil compliqué.
Au Japon, 2,4% en souffre toujours 10 ans après le décès en question.
En France, ce chiffre est difficile à évaluer. Les patients consultent peu car le deuil est considéré comme normal malgré la souffrance qu’il engendre. Cette conception du deuil le rend tabou.
Toutefois, la prévalence du deuil compliqué est estimée entre 10 et 20% des endeuillés.

Pourquoi souffre-t-on durant le deuil ?

L’attachement est la cause principale de cette souffrance, plus précisément sa rupture. C’est un processus inné qui nous pousse à créer des relations avec autrui pour survivre (notamment durant l’enfance) et nous permet de nous attacher aux autres pour leur venir en aide.  C’est un lien unissant deux personnes ayant vécu et partagé des choses ensemble. Il est synonyme de reconnaissance, de protection et de sécurité. C’est une relation qui se construit au-travers des émotions de chacun, elle est pertinente et prévisible donc réconfortante. Par conséquent, lors d’un décès survient la perte d’un lien sécurisant avec un être protecteur et disponible. Les habitudes de vie sont rompues et l’endeuillé doit s’adapter à un nouveau rythme de vie et faire face au manque de la personne décédée. Dans tout cela, le deuil est un mécanisme de survie qui permet de gérer cette perte difficile.
Qu’en est-il de la perte d’un nouveau-né ?
La perte d’un nouveau-né engendre aussi un processus de deuil. Cela montre qu’une relation s’est déjà créée entre le nourrisson et les endeuillés. Pour reprendre la notion d’attachement, on considère qu’à partir du moment ou une représentation du fœtus est faite, un lien se crée. Le lien d’attachement commence dès la recherche du prénom, l’imagination de ce que pourrait être le nouveau né.
Par conséquent, le deuil existe également dans le cas des mort-nés.

Que faire lorsqu’on est en deuil ?

Lorsqu’on vit un deuil, il est bon de pouvoir exprimer ses émotions. Tristesse, nostalgie et colère sont normales et la narration permet de les soulager. Attention, si elles sont ingérables, il est nécessaire de se faire accompagner.
L’endeuillé peut aussi rechercher des comportements apaisants pour canaliser le manque de la personne disparue. Attention aux “faux comportements apaisants” qui vont accentuer le manque. Par exemple, si aller au cimetière toutes les semaines rend l’endeuillé triste alors cette action est néfaste pour lui.
Il est important de trouver un équilibre entre les souvenirs et la vie actuelle. L’endeuillé doit continuer à avancer et donner du sens à sa vie. Pour cela, il va donner une nouvelle place au défunt, il n’est plus présent physiquement mais le reste dans les pensées et la manière de réfléchir de l’endeuillé.
Enfin, l’endeuillé doit prendre conscience qu’il a le droit d’être heureux malgré la perte de son proche. Le défunt n’aurait probablement pas voulu que sa perte plonge ses proches dans une tristesse éternelle.

Bien sûr tout ceci a l’air facile sur le papier. Mais comment faire pour soulager ses émotions, avoir des comportements apaisants, trouver un équilibre dans sa vie lorsqu’on est plongé dans une telle douleur ? C’est tout l’objectif du deuil, laisser le temps au temps pour aller mieux.

Toutefois, chacun réagit à sa façon donc si vous sentez que vous avez besoin d’aide suite à la perte d’un être cher, n’hésitez pas à consulter un professionnel.

Pour se faire plaisir je vous conseille :
Livre:
Vivre après ta mort de Alain SAUTERAUD
Série :
After Life

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