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Le Pervers Narcissique

La représentation classique que l’on a du pervers narcissique est celle d’un homme ou d’une femme se croyant au-dessus de tout le monde avec des capacités de manipulations destructrices et prenant plaisir à faire souffrir ses victimes.
Mais qu’en est-il vraiment ? Et si le grand méchant loup était en réalité un être fragile ?

Le pervers narcissique c’est quoi ?

Pour commencer un trouble de la personnalité narcissique renvoie à une personne ayant une image dévalorisante d’elle-même et qui se valorise en rabaissant les autres

Pourquoi fait-il cela ?

Il a été avéré que le pervers narcissique souffre d’une estime de soi faible qu’il compense par une haute image de lui-même.
Cette faille de l’estime viendrait d’une enfance dysfonctionnelle. Autrement dit, les parents auraient, aux yeux du pervers narcissique, adopté des comportements excessifs ne permettant pas à l’enfant de se structurer correctement.
Il y a deux types de comportements excessifs : les parents élevant leur enfant en le mettant toujours au premier plan (l’enfant roi) et les parents ayant tendance à délaisser l’enfant.

Attention, toutes les personnes ayant vécu ces deux schémas parentaux ne sont pas des pervers narcissiques. Se pose donc la question d’une prédisposition biologique

Mais alors, comment deux comportements différents peuvent faire naître un même trouble ?

Il faut bien comprendre que dès sa naissance, un bébé a besoin de soins. Par exemple, les pleurs servent à exprimer une frustration signe d’un besoin. L’expérience de la frustration lui permet d’apprendre à la gérer en « négociant » entre ce qu’il désire et ce que son environnement peut lui apporter. Dans ce cas-là, l’environnement lui apporte un adulte qui vient répondre à sa demande.
En grandissant, l’enfant va continuer à se développer grâce à ses expériences de vie. Il va créer un idéal du moi, qui représente la personne qu’il pense devoir être pour être aimé. A ce moment-là, lorsque le parent lui dit non, l’enfant expérimente l’angoisse d’abandon: il a peur de perdre l’amour de son parent.
Il va également développer ses propres valeurs et mettre en place des comportements en accord avec celles-ci. C’est ce qu’on appelle le moi idéal. Lorsqu’elles ne sont pas respectées, de la culpabilité va émerger.
Au fur et à mesure de son développement, l’enfant va devenir adulte et se structurer psychiquement.

Que se passe-t-il lorsque les besoins ne sont pas assouvis ?

Le bébé pleure car il a un réel besoin. Le manque de réponse va engendrer de la frustration qu’il va intérioriser. Par conséquent, il n’apprend pas à gérer sa frustration puisqu’il ne peut pas faire de compromis avec son environnement.
L’autre conséquence de ce manque d’attention, est qu’il intériorise un schéma de pensées de dévalorisation. C’est-à-dire qu’il est convaincu de ne pas être assez « bon » aux yeux de ses proches pour qu’on prenne soin de lui. Adulte, il va avoir besoin de transformer ce schéma de pensées pour avancer dans la vie. C’est pour cette raison qu’il va utiliser des mécanismes de défense pour se revaloriser.

Que se passe-t-il lorsque les besoins sont anticipés ?

L’anticipation des besoins du bébé ne lui permet pas d’apprendre à gérer ses désirs et les frustrations qui en résultent. Un enfant « roi » est également un enfant à qui on ne dit pas « non ». Par conséquent, aucune limite ne lui est posée et il ne connaît pas le manque. Il n’apprend pas à se réguler émotionnellement.
Le point commun avec ces deux points est que la personne concernée évolue avec des conflits internes qu’elle n’arrive pas à gérer. Pour schématiser, on peut dire qu’un pervers narcissiques est un enfant dans un corps d’adulte et devant vivre dans un monde d’adultes..
Pour faire face, il va utiliser des mécanismes de défense lui permettant d’expulser ses pulsions et ses frustrations vers l’extérieur.

Quels sont les mécanismes de défense utilisés par le pervers narcissique ?

  • Déni : Refus de la réalité. Le pervers narcissique nie la responsabilité de ses actes. Par conséquent, si sa victime se sent mal ce n’est pas de sa faute. Il ne se remet pas en question.
  • Projection : Il va projeter sa culpabilité sur sa victime en la culpabilisant pour diminuer son propre symptôme. « Elle culpabilise plus que moi donc je vais bien. »
  • Clivage de la personnalité : Il utilise deux personnalités pour arriver à ses fins. Il a un côté gentil lui permettant de valoriser l’image qu’il renvoie aux autres (cela satisfait son besoin d’avoir une haute image de lui-même). Avec son deuxième côté, il essaie de prendre le dessus sur sa victime pour la soumettre afin de revaloriser son estime de lui-même. « Tu es bête et je le vois donc je suis intelligent. »
  • Identification projective : C’est un mécanisme normal consistant à intégrer les traits de caractère de ses parents. Or, le pervers narcissique ne supporte pas les traits de ses parents et refuse de croire qu’il les a acquis. Par conséquent, il va les attribuer à sa victime pour s’en débarrasser.

Un mode opératoire

Pour arriver à ses fins, le pervers narcissique va utiliser un mode opératoire influencé par ces mécanismes de défense.
Il commence par cibler sa victime en mettant le masque d’une personne gentille, charmante, avenante, en qui on peut avoir confiance. C’est alors que sa proie baisse sa garde et va révéler des détails dont le pervers narcissique se servira plus tard.
Suite à un évènement (mariage, achat de maison, nouvelle relation amicale,…) il va montrer son vrai visage. Il va utiliser la fragilité de la victime pour la soumettre et être détenteur de son image. Il la dévalorise quotidiennement et s’arrange pour l’éloigner de ses proches et la plonger dans une confusion mentale.
La dévalorisation lui permet de réduire l’angoisse d’abandon. Cette angoisse est la conséquence d’une absence d’attention portée à l’enfant qu’il était. Elle se traduit à l’âge adulte par la peur de perdre une personne ou un objet. Le pervers narcissique dévalorise sa victime pour que sa perte lui paraisse moins douloureuse.
En présence d’autres personnes, il remet son masque des beaux jours. Ainsi, il  regonfle l’image qu’il a de lui par le regard des autres.

Le choix de la victime

La plupart du temps les victimes des pervers narcissiques ont un profil généreux, sincère, aimable et ouvert aux autres. Ce sont des personnes avec un manque de confiance en elles mais qui donnent facilement leur confiance. Elles sont empathiques et responsables. Elles acceptent facilement la critique, sont autonomes et dignes.
Ces personnes donnent de l’amour facilement ce qui renarcissise le pervers narcissique. Mais tout cet amour que lui donne sa victime fait remonter en lui son angoisse d’abandon ce qui rend la victime insupportable à ses yeux.

Les mots : une arme

Comme outil d’assujettissement, il utilise la parole et le double sens des mots. Ainsi, pour que son interlocuteur ne puisse pas prendre de recul et réagir il prononce des phrases ambigües et paradoxales. Il a bien conscience que ce type de communication a pour effet d’empêcher une élaboration mentale correcte bloquant les actes, la pensée, les sentiments et la perception de la réalité de la victime.
Cette confusion créée chez la victime est un vrai plaisir pour le pervers narcissique. En effet, c’est une preuve de son pouvoir et de sa supériorité: il sait où il en est alors qu’il a plongé sa victime dans le doute.

Aussi surprenant que cela puisse être, lorsque le pervers narcissique est démasqué, il s’en va !
En effet, la prise de conscience par la victime, de la relation toxique dans laquelle la maintien le pervers narcissique lui donne un pouvoir d’action. Ainsi, elle est en mesure de prendre du recul et de comprendre que les paroles de son bourreau ne reflètent pas la vérité. Elle va pouvoir lui répondre de manière floue, lui demander des précisions sur ses phrases, des exemples de ce qu’il prétend ou tout simplement couper court aux conversations. Ces actions vont le déstabiliser.
Dit comme ça, cela paraît simple. Mais cette prise de recul n’est pas évidente au vu de l’emprise du pervers sur sa victime. C’est pour cette raison qu’il faut se tourner vers des proches ou des professionnels pour se faire aider.



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