Travail

Syndrome de l’imposteur


« J’ai obtenu le poste ! Par contre, je ne sais pas comment c’est possible, j’ai pas du tout les compétences ! »
Voilà ce que me disait une amie au téléphone avant son départ dans la vie active. Une véritable remise en question. Oui, mais une remise en question de soi ou de l’autre ?

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Comme beaucoup de personnes, mon amie a attribué sa réussite à un facteur externe à elle-même (ici, elle est convaincue que son recruteur a fait un mauvais choix). Ce phénomène en vogue est le syndrome de l’imposteur.
Vous l’avez compris, le syndrome de l’imposteur est le fait de croire que nos réussites sont dues à la chance ou à un facteur externe mais en aucun cas à nos compétences et qualités.
60 à 70 % de la population connait à un moment donné ce sentiment d’être un imposteur. Cela peut être simplement passager ou chronique.
Plusieurs stratégies sont adoptées par ces personnes, telles que l’overdoing (mal effectuer une tache pour protéger son estime en cas d’échec), l’underdoing (se préparer très intensément à un exercice pour attribuer la réussite à l’intensité de l’effort plus qu’à ses capacités) et la mise en place du perfectionnisme relativement coûteux en énergie, en temps.

Comment fonctionne-t-il ?

Le fonctionnement de la société est une cause de ce syndrome. En effet, l’idéal social est d’être le meilleur dans la compétition, dans la comparaison aux autres et d’être très performant. En d’autres termes, il faut être des experts pour avoir le droit de faire.

Mais que signifie « être expert » ?

Être expert c’est avoir les acquis théoriques nécessaires grâce à des formations spécifiques mais aussi à plusieurs années d’expériences derrière soi…. Au vu de cela, on comprend mieux pourquoi mon amie remet en question la personne l’ayant recrutée. C’est vrai, elle est loin d’être experte puisqu’elle a juste un petit stage comme expérience.
STOP ! Ne pas avoir l’expérience n’est pas synonyme d’incompétence.
Il se peut que l’expérience n’était pas le critère prioritaire pour obtenir le poste. Le recrutement s’est probablement fait en fonction de la personnalité et de la manière de travailler.
L’expert en tant qu’idéal social est une représentation et pas une vérité comme peuvent le croire des personnes ayant le syndrome de l’imposteur. Ici, la croyance en ses propres capacité est touchée, atteignant indirectement l’estime de soi. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas laisser ce syndrome s’installer.

Des remèdes ?

Quelques petites astuces :
– Lorsque vous avez des pensées de jugement envers vous-même, critiquez-les pour les recadrer. Exemple : « Je suis trop bête, j’ai oublié le prénom de cette personne », dites vous « cela peut arriver à tout le monde, un oubli ne fait pas de moi quelqu’un de bête ».
– Acceptez que le perfectionnisme soit un symptôme et travaillez dessus. Ainsi, lorsque vous aurez un objectif à atteindre, définissez-en les limites nécessaires pour ne pas vous épuiser à aller au-delà.
– N’oubliez pas que la personne en face de vous est probablement en train de se préoccuper du regard des autres (on le fait tous…) et que par conséquent, elle a mieux à faire que de vous juger.
– Observez la bienveillance chez votre interlocuteur et acceptez les compliments. Si votre boss vous dit que votre compte rendu est bon malgré les 2 -3 fautes d’orthographe, cela veut dire que vous avez fait du bon boulot, soyez fièr(e) !

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